Assurer soi-même la gestion de sa comptabilité, sans faire appel à un expert-comptable, est tout-à-fait possible légalement, mais comment tenir correctement sa comptabilité et respecter ses obligations lorsque l’on n’est pas un professionnel de la comptabilité et que l’on ne souhaite pas utiliser les services d’un expert-comptable ?

D’autant plus que toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, ont l’obligation légale de tenir leur comptabilité et de communiquer un certain nombre d’informations  à l’administration fiscale.


Rappel des obligations comptables

Nous vous le disions en introduction, quel que soit le profil de votre entreprise, vous avez l’obligation légale de tenir une comptabilité.

Petit rappel de vos obligations comptables :

Obligations comptables générales

Toutes les entreprises, quels que soient leurs statuts, doivent tenir une comptabilité en bonne et due forme. Une exception est faite, cependant, aux auto-entrepreneurs à qui est accordée la possibilité d’une comptabilité simplifiée.

Selon la Direction de l’information légale et administrative, les entreprises se doivent de souscrire aux éléments ci-dessous :

-    tenir une facturation à jour pour les opérations de vente ;
-    inscrire les renseignements chronologiques des entrées et des sorties de chaque compte ;
-    pour les commerçants, un inventaire annuel est obligatoire ;
-    réaliser les comptes annuels à chaque fin d’exercice (le plus souvent en date du 31 décembre) ;
-    déposer chaque année ces comptes annuels au Greffe du Tribunal de Commerce ;
-    posséder un compte bancaire professionnel ;
-    conserver ses documents comptables pendant une durée minimum de 10 ans.

Le Fichier d’Écriture Comptable

Toutes les entreprises, exceptés les auto-entrepreneurs, ont l’obligation depuis le 1er janvier 2014 de présenter un FEC, fichier d’écriture comptable.
Ce fichier est impérativement créé par un logiciel de comptabilité, que ce soit par votre expert-comptable ou par vous-même.

Que vous soyez de bonne ou de mauvaise foi, mauvais gestionnaire ou tricheur, la sanction est la même si vous ne tenez pas consciencieusement votre comptabilité. Et elle peut être lourde : le responsable de l’entreprise encourt une peine pouvant aller jusqu’à 500.000 euros d’amende et cinq ans de prison.

L’expert-comptable, un poste néanmoins stratégique

Même si vous décidez d’assurer la tenue de votre comptabilité en interne, ce qui vous fera évidemment faire des économies mais perdre du temps, nous vous conseillons vivement de garder contact avec votre expert-comptable, ne serait-ce que pour vous conseiller sur les aspects les plus techniques.

En effet, les honoraires que vous verserez à votre expert-comptable pourraient par exemple être compensés par des optimisations fiscales significatives qu’il pourrait vous permettre de réaliser. C’est la raison pour laquelle l’expert-comptable conserve un rôle fondamental pour les entreprises soumises à l’impôt sur les sociétés.

Il contribue également à réduire votre revenu imposable en ventilant vos comptes de manière optimale et judicieuse.

Importer ses relevés de compte ou procéder à la synchronisation bancaire ?

L’importation des relevés de compte reste un schéma classique dans lequel vous téléchargez vos relevés bancaires avant de les importer pour les verser à votre comptabilité.


A priori, la synchronisation bancaire vous permet de gagner du temps et ne vous impose même plus de télécharger votre relevé pour pouvoir l’importer. Votre logiciel comptable communique directement avec votre banque et exploite les données nécessaires à la tenue de votre comptabilité. Mais elle présente un risque, même s’il est mineur, puisqu’à ce jour les banques françaises se déchargent de toute responsabilité en cas de mauvaise utilisation ou d’utilisation frauduleuse de vos accès par un tiers.

Utiliser un logiciel de comptabilité

Si vous souhaitez vous passer d’un expert-comptable, il vous sera en revanche difficile de faire l’économie d’un logiciel de comptabilité.
Même si un logiciel américain, par exemple, peut parfaitement faire l’affaire, sachez que les logiciels français vous garantissent plus sûrement de répondre aux spécificités de notre législation.

Soucieux de faire cesser la fraude à la TVA, le gouvernement a voté une mesure qui rend obligatoire, depuis le 1er janvier 2018, l’utilisation d’un logiciel certifié par le gouvernement. En effet, ces logiciels certifiés ne permettent, par exemple, ni d’annuler une écriture comptable ni de procéder à des opérations de soustraction d’espèce d’une caisse.

Ces logiciels sont donc programmés pour :

-    conserver les erreurs de saisie ;
-    archiver vos données pendant au moins 6 ans ;
-    figer vos écritures comptables (vous ne pouvez donc pas annuler un mouvement).

Attention ! Vous avez parfaitement le droit d’avoir recours à un logiciel « open source », qu’il soit gratuit ou payant. Ces logiciels sont modifiables, bien entendu, et rien ne garantit aux instances administratives que vous n’allez pas en profiter pour frauder. Si tel était le cas, c’est l’hébergeur du logiciel qui serait tenu pour responsable et non l’éditeur du logiciel. Autrement dit, l’hébergeur externe ou vous-même si le logiciel est hébergé sur vos propres serveurs.

En cas de contrôle, et si votre logiciel n’est pas conforme, vous risquez une amende de 7.500 € et l’obligation de régulariser dans un délai maximum de 60 jours.

Pour conclure, tout dirigeant d’entreprise peut gérer lui-même sa comptabilité et n’a aucune obligation légale d’utiliser les services d’un expert-comptable.
Si tel est le cas, il devra choisir soigneusement son logiciel de comptabilité et être vigilant au respect de toutes ses obligations fiscales.


Enfin, rappelez-vous que le rôle d’un expert-comptable reste extrêmement stratégique, en particulier en terme d’optimisation fiscale.

Pour bien choisir votre logiciel de comptabilité, consultez notre article.